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+1 en 2009

Et voilà, aujourd’hui c’est un an de plus pour moi. Bon on va pas en faire une crêpe, mais c’est fou comme le temps passe ! Prenez ce blog par exemple !

En octobre 2005, le 18 plus exactement ce blog ouvrait ses modestes portes. A l’époque, il était en dotclear (une technologie de création de blog) et hébergé sur Free. Après un passage par le service Blogger de Google, et malgré quelques coupures intermittentes, il a finalement atterri sous sa forme actuelle – un blog sous WordPress et hébergé sur leurs serveurs – pour une reprise endiablée cette année (enfin quand la force est avec moi – écrire demande une certaine discipline).

4 ans d’existence pour ce blog donc, et encore tellement de choses à écrire ou faire (finir les billets de mon Tour de France, ma série pour de jeux vidéo, mes tutoriaux, etc. etc.), reflet publique de mes activités et avis, ou tout commentaire sont bienvenues – mais bien rare hélas : n’hésitez pas ! Enfin… Si jamais ce blog peut faire dialoguer, faire apprendre (à moi ou aux lecteurs) ou faire rire voir même sourire, alors, et uniquement alors, il aura servit à quelque chose.

Fidèle à mes pratiques, je remercierai de façon personnelle et privée tout ceux m’ayant fêté l’année écoulée : cela est plus intime qu’un simple billet.

Mais je remercie ici tous mes lecteurs & lectrices, je pense très peu nombreux, mais c’est peut être mieux car ils me sont encore plus chers, et je lève mon chapeau à ma plus fidèle lectrice !

Roses

saint_thomas_bains_mPetit voyage en compagnie de Cécile, Arnaud et Lionel pour voir les mystérieuses sources chaudes des Pyrénées. On va donc à Bolquère, proche des stations Pyrénées 2000 (un peu daté comme nom) et Super Bolquère (lui aussi) dans les Pyrénées-Orientales puis à Saint-Thomas, qui dispose d’un hôtel de cure thermale autrefois nommé à Saint-Thomas-les-bains mais aussi de source “libre” dans la nature. Lionel est un connaisseur, et c’est d’un pas sûr qu’il nous emmène à la source qui jaillit dans un panache de fumée : 4 bassins, succession de baignoires en pierre alimentées par la source, chacune ayant une température précise : 41°C pour la première, 38°C pour la seconde, etc. Quelques nomades campent avec un van Volkswagen un peu plus haut sur la route, et l’endroit est assez nudiste. Des corps ridés mais encore vigoureux ou dans l’éclatante vitalité de leur fragile jeunesse d’hommes et de femmes, mais le respect est la clé de l’endroit et ainsi nul n’a à se plaindre de son voisin, et les baignoires, assez étroites, sont “privatisables” pour un groupe seulement. L’odeur qui baigne l’endroit est celle du souffre, ce délicat parfum d’oeufs pourris qui n’est heureusement pas assez fort pour nous dégoûter du lieu. De nombreuses traces de bougies témoignent du succès du lieu la nuit, écrin de rêve pour amants buissonniers. Alors que partons, le soleil termine sa course, et nous croisons un homme descendant vers la source : oui, les célibataires aussi ont droit à leur bain de minuit.

PS :  disponible également en pleine hiver avec de la neige tout autour pour les aventureux & aventuramoureux !

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L'abbaye du Mont-Saint-Michel

Le second jour commence par la Rochelle, que nous parcourons à présent en pleine lumière matinale. De la médiathèque fraîchement construite, un petit bateau jaune appelé « yello » nous emmène vers le port historique, en franchissant l’entrée par deux massives tours, sur lesquelles on peut apercevoir les trous où entrait la chaîne qui servait à bloquer le port aux navires ennemis en cas d’attaque. Le plus célèbre siège de la Rochelle dura du 10 septembre 1627 au 28 octobre 1628 mené par le célèbre cardinal de Richelieu (à ne pas confondre avec un autre siège en 1572-1573). En effet, la ville était une place de sûreté accordée aux Huguenots par l’édit de Nantes d’Henri IV, un haut lieu de la religion réformée en France que le cardinal voyait comme une menace pour l’unité du royaume de France. Il décida alors de la prendre. La Rochelle fût soutenue par les anglais et le fameux Duc de Buckingham (on nage en plein Alexandre Dumas). Richelieu fortifia les îles de Ré et d’Oléron, coupa les lignes de ravitaillement terrestre, mais surtout, il construisit une immense digue, longue de 1500 mètres et haute de 20, dont les fondations étaient des navires coulés pour empêcher toute liaison entre la Rochelle et ses alliés. Le siège s’éternise, les « bouches inutiles » connaissent le sort terrible consistant à errer entre la Rochelle, dont ils ont été expulsés, et les lignes royales, qui leur tirent dessus. Affamés, les rebelles finissent par se rendre et le Roi accorde son pardon, en échange de la conversion au catholicisme. Un peu plus tard, la paix d’Alès, le 28 juin 1629, enlève aux Huguenots tous droits politiques, militaires et territoriaux, ne conservant que la liberté de culte garantie par l’Edit de Nantes, qui sera totalement révoqué le 18 octobre 1685 par l’édit de Fontainebleau.

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Le siège de la Rochelle

Wikipédia propose une supposition (sans source) intéressante : sans le siège, la ville serait aujourd’hui une des plus importante de France. Au-delà de constater comment l’histoire à déterminer les grandes villes d’aujourd’hui (Rouen était la seconde ville de France jusqu’au 17ème siècle par exemple), on ne peut que se demander combien de génies, d’invention, d’idées la France a perdu avec sa politique d’intolérance, qui vit les Huguenots s’enfuirent en Angleterre, dans les provinces germaniques ou au-delà. Après ce bref rappel historique, et quelques pas dans les vieilles rues pittoresques aux belles arcades, ainsi que le long des remparts, dominés par la belle tour de la Lanterne, en passant par le vaste parc Charruyer. Le port a demandé sa classification aux patrimoines de l’humanité, il est, il est vrai, assez remarquable. Le grand port industriel de la Pallice contient lui une base de sous-marin allemande de la Seconde Guerre Mondiale, où furent tournés le premier Indiana Jones et Das Boot mais, faute de savoir qu’il existe, nous ne le verrons pas hélas. Puis nous quittons « la belle et rebelle » ville de la Rochelle, en passant devant son université, qui donne sur la mer pour rouler vers une des capitales historiques de la Bretagne, Nantes.

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Blason de Nantes

Là-bas nous irons rapidement voir la cour du château des ducs de Bretagne, avant de nous régaler dans restaurant à l’intérieur chic, le Pont-Levis, et aux plats aussi délicieux que menu. De par l’heure tardive, nous étions les seuls à l’exception d’une fille et de ses parents, assez âgés. Le père, d’un âge vénérable, racontant qu’arrivé à Aix comme soldat lors de la libération, à la nuit tombante, un sénégalais lui conseilla de ne pas sortir, à cause des « sauvages », désignant ainsi les personnes à la peau noire vivant à Aix. L’homme lui demande alors pourquoi il les appelait ainsi, car il l’était lui-même l’un d’entre eux. Et le sénégalais lui répondit : moi je suis un guerrier. Qui croyez vous qu’on vous a vendu comme esclaves ? Les meilleurs ? Au-delà de l’anecdote raciste et anachronique, il ne faut pas oublier que les peuples d’Afrique ont aussi participé à la traite des esclaves, sujet qui n’est pas assez abordé : pourquoi ? Pressions des futurs colonisateurs ? Appât du gain ? Avaient eux aussi des justifications bidons comme « ceux là n’ont pas d’âme » ? Bon il faudrait lire dessus mais je n’ai pas le temps. Il ajoute une autre information : les pirates barbaresques de Méditerranées auraient capturé et traité plus d’esclaves que les européens, mais avec moins de conséquences car ces esclaves là n’étaient pas autorisé à avoir de descendance. Là encore, au-delà d’une sorte de pseudo – justification (les méfaits de l’un n’efface pas ceux de l’autre) il faut voir un sujet peu abordé qui mérite aussi des lectures : la traite des esclaves au-delà du commerce triangulaire européen. Mais là encore, je manque de temps, donc on se contentera de se rappeler deux choses fondamentales : l’esclavage est un phénomène mondial à différents stades de l’histoire, et qu’il est un fléau qui ne doit jamais redevenir d’actualité. Après ce repas, nous nous dirigeons vers la cathédrale, d’une blancheur immaculée, puis vers Le Lieu Unique, ancienne biscuiterie LU (Lefebvre – Utile) devenu lieu culturel, dont l’ambiance techno-destroy me rappelle furieusement le palais de Tokyo, aile nationale. Enfin il est temps de partir, car nous devons atteindre notre but sacré : le Mont Saint-Michel.

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Blason du Mont-Saint-Michel

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Blason de l'abbaye du Mont-Saint-Michel

Lorsque nous y arrivons, il nous apparaît déjà au loin dans la baie, rocher solitaire au milieu d’une étendue plane sous un ciel nuageux, le soleil se couchant au loin. La route serpente, s’amuse à jouer la montre avant de nous le livrer : nous arrivons, après les auberges à touriste à ses pieds : majestueux, grandioses ! Voilà une des raisons de notre voyage. Mais il est déjà trop tard pour visiter l’intérieur de l’abbaye, il nous faudra revenir. Nous déambulons dans les rues, où tout semble « de la mère Poulard » : restaurant, où s’affaire des batteurs d’œufs propre à émerveiller les touristes japonais, une boutique de la mère Poulard, où trône des prospectus en japonais, des ruelles entre, avec leur défibrillateur tous les cinq mètres, ainsi que l’auberge, l’hôtel, les toilettes de la mère Poulard, bon j’exagère. On pourrait croire que l’esprit du lieu en est pervertit, mais l’humain a fait preuve d’ingéniosité commerciale depuis bien longtemps : que croyez vous qu’il y avait au Moyen-Âge ici ? Des échoppes pardi ! Bon les touristes ont remplacé les pèlerins mais cela reste le même principe. Sur les remparts nous croisons une japonaise isolée, c’est un bonjour qui nous vaut un franc sourire alors que le soleil s’en va mourir et les étoiles apparaissent dans le ciel noir à la frontière entre Bretagne et Normandie. Du haut des murs, les ombres des fenêtres saillantes forment un curieux tableau sur les toits mais pas le temps de l’observer plus avant : il est déjà tard. Nous quittons sous ces belles étoiles le mont, à reculons. Destination : Avranches, son rond-point doté d’un char Sherman en son milieu et son hôtel « le Patton » pour nous y reposer après une pizza locale, juste à côté d’un autre plus classieux, ancien relais de poste.

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Blason d'Avranches

La Bretagne, avec l’Alsace, resteront les grandes absentes de ce voyage, avec peut être aussi Paris et la Loire mais comme dit sagement Lionel, il faut bien avoir une raison de revenir. Rendez-vous pris avec l’abbaye, la base de la Pallice et le passage Pommeraye à Nantes !

Plan – 344 km – environ 4 heures 26 minutes

La Rochelle – Nantes – Le Mont Saint-Michel – Avranches

 

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Le passage Pommeraye de Nantes

 

Tour de France 2009 (1/8)

280px-La_Rochelle_Vieux-PortNous partons, Lionel et moi sur la route pour notre périple : un tour de France. Étrange de remarquer que nous connaissons parfois plus les contrées lointaines que notre pays de naissance, très grand il est vrai. Alors nous avons décidé de “faire un tour” pour le découvrir, d’où moins l’effleurer comme une vierge effarouchée, car embrasser la France dans sa totalité, avec ses grandes forêts, ses montagnes et vallées, et ses constructions humaines multiples et diverses, est l’affaire de toute une vie – au minimum. Ainsi nous nous contenterons d’un bref voyage pour visiter pour la première fois un peu toute la France, à l’exception de la Bretagne, abandonnée hélas par manque de temps, ainsi que l’Alsace et la région PACA. Mais nous ne voulons pas privilégier la quantité à la qualité, et dans chaque région nous avons décider de ne pas faire plus de trois visites, pour laisser à chacune le temps d’exister, dans notre voyage puis dans nos mémoires.

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Blason de la Réole

Nous partons donc en direction de Bordeaux, avec un arrêt à la Réole. Vieux bourg autrefois important, où le parlement de Bordeaux se réfugia au Moyen-Age, et où trônent un château en ruine ainsi qu’un prieuré aux dimensions imposantes, demeure à présent de la mairie. L’idée de visiter ce village m’est venu car nous le traversons en TGV (littéralement, puisque la voie de chemin de fer passe en partie dans un tunnel creusé dessous) sur la ligne Toulouse-Bordeaux avec une belle vue sur l’ensemble architecturale du prieuré et du château.  Après un rapide repas au seul restaurant chinois du patelin à défaut de restaurant proposant les plats locaux (l’alternative était une pizzeria) nous descendons vers l’église où à lieu un enterrement : par respect nous n’entrons pas et continuons vers le château qui s’avère une demeure privée ! Il en reste un décor au relent de chevaliers et de damoiselles perdu sous la végétation.

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Blason de Bordeaux

Après avoir repris la route, nous atteignons Bordeaux (dont le Port de la Lune est classé au patrimoine mondial de l’UNESCO) en fin d’après midi : après avoir laisser notre fidèle monture au parking de la Bourse, nous arpentons les rues étroites de Bordeaux, mélange d’architecture héritée de Haussmann et médiévale.  La place de la bourse, avec ses statues vêtues d’écharpe d’un rouge bordeaux, la place des Quinconces, la Grosse Cloche (ancienne porte de la ville) et la Porte Cailhau. La rue piétonne Sainte-Catherine, longue de 1300 mètres, proposent aux bordelais(es) les joies du shopping en tour genre, et plus loin, le café français en face de la cathédrale nous délecte d’un chocolat chaud. En partant, on passe devant l’énorme librairie Mollat, s’étendant sur de nombreuses vitrines. C’est effectivement la plus grande librairie indépendante française. Il est étrange de constater que, après quelques heures à peine à flâner dans ses ruelles, que la ville me plaît. Peut être parce que j’en garde quelques souvenirs de mon enfance, où lorsque ma famille habité Pessac puis Cestas, nous venions les samedi y faire un tour, occasion parfois pour moi de recevoir en cadeaux la maquette d’un avion à la boutique de modélisme de la Galerie Bordelaise.  Joie ! Dix ans plus tard, elle est toujours là, témoignage vivant de mon enfance en Aquitaine.

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Blason de La Rochelle

Mais à présent il nous faut rouler vers notre lit, à la Rochelle. La nuit est tombée sur Bordeaux et lorsque nous avérons là-bas, seul un Mac-Do nous tant ses bras pour nous accueillir si tard. A la question “y-a-t-il une réduction avec la carte étudiante ?”, la vendeuse me répondra qu’ils ne font plus les “cartes pirates”, comme quoi, chaque région à ses petites spécificités. Le ventre d’une nourriture peu caractéristique, nous nous acheminons vers l’auberge de jeunesse, en jetant un premier coup d’oeil au port fortifié éclairé : c’est magnifique. Vivement demain, pour découvrir une nouvelle vision de celui-ci en plein jour !

Conseil aux voyageurs n°1 : dans une auberge de jeunesse, mieux vaut arriver tôt, si on ne veut pas finir par se mettre au lit dans le noir, par respect vis à vis des autres occupants du dortoir.

Etape n°1 : Toulouse – La Réole – Bordeaux – La Rochelle (Km : 449 Temps voiture : 4h41 Plan)

Johnny2J’ai effectué une deuxième randonnée de mon guide aujourd’hui, cette fois-ci la numéro 22, Balma sur l’Hers, du TopoGuides de la Haute-Garonne à pied. Encore une fois, il s’agit des promenades et randonnées (PR – balisage de couleur jaune ou rouge), le plus petit niveau de la Fédération Française de Randonnée, qui compte en sus, en ordre croissant de longueur, les chemins de grandes randonnées de pays (GRP – balisage jaune et rouge) et les chemins de grandes randonnées (GR – balisage blanc et rouge), qui sont les plus célèbres, voir pour certains, « mythiques », comme le n°20, traversant toute la Corse. Celle de hier n’était qu’une brève ballade de niveau facile d’une heure cinquante, réalisée en une heure dix, sûrement l’enthousiasme du débutant irréfléchi, celle d’aujourd’hui avait une durée prévue de trois heure, il me faudra dix minutes de plus pour la boucler, car, c’est le grand avantage des promenades et randonnées (ainsi que des GRP), la plupart ramènent à leur point de départ.

L’occasion m’est donné de découvrir Balma, charmante commune à l’est de Toulouse, membre de la communauté urbaine du Grand Toulouse, desservie par la ligne A du métro (station terminus de Balma-Gramont).de 13000 habitants environ. Au cours de la marche, on traverse l’ancienne commune absorbée de Lasbordes avec son église au mur clocher, on suit les sentes du bois touffu de Préserville, dans lequel je me perds un peu, sûrement une passerelle trop loin dans mon cheminement, puis plus loin, au détour d’une volée de marches apparaît le lac de Saint-Clair, petite étendue d’eau couronnée d’un saule pleureur.

Ensuite vient des chemins verts au milieu des zones pavillonnaires à l’apparence paisible et opulente. Un ami chat me fait signe de bienvenue quand soudain s’érige au milieu des mauvaises herbes et d’arbre en devenir la silhouette sinistre d’un château d’eau, auquel les années ont donné un ton sinistre gris foncé. Un petit arrêt à la fontaine de la Fount, puis je redescend vers l’Hers, longeant l’autoroute puis la route de Castres, une fin un peu décevante ma foi, qui me ramène à mon point de départ : la place de la liberté de Balma, la seule place en longueur faisant aussi office de parking à ma connaissance, juste à côté du restaurant le Mas Rouge.

Si on doit en tirer une moralité, je dirais alors de toujours emporter de l’eau, un k-way, car la pluie c’est mise à tomber drue au moment ou je remontais dans la voiture, chanceux sont les négligents, soit dit en passant. Mais je commence à mieux saisir tout l’intérêt de la randonnée guidée : l’aspect jeu de piste tout d’abord (ici, il fallait suivre les balises des sentiers pédestres du Grand Toulouse, de couleur jaune), et puis le privilège de parcourir des endroits, découvrir des lieux, de la meilleur façon possible, comme un habitant du coin le ferait après quelques années d’exploration infructueuses pour dessiner une belle randonnée. Comment savoir en effet si cet accueillant sentier vous mènera bien où vous voulez aller ? Prenez un guide de rando, et le tour est joué !

narni-corot1La randonnée, action de marcher en suivant un balisage pour observer la nature, le paysage, et les nombreux éléments créés de mains d’hommes m’a toujours attiré. Sport solitaire ou la vue ne se restreint pas à un mur de béton d’une salle de sport quelconque, ou partagé, il permet alors de discuter, d’échanger le long des sentes, cheminement difficile, d’endurance, ou simple ballade à l’ombre du soleil d’été, ponctué de découvertes aux détours des pistes et sentiers, la randonnée est un sport protéiforme qui m’a toujours attiré. Après m’être frotté impétueusement à parcourir un tronçon du chemin n°2 de grande randonnée le long de la Seine, j’ai décidé de m’attaquer au promenades et randonnées, sympathique balade nous ramenant à notre point de départ après quelques modestes heures de marche à pieds.

Une fois cet achat effectué, mardi je crois, direction l’oppidum gaulois du Cluzel, balade n°24 du TopoGuide la Haute-Garonne à pied (désolé, par rapport au billet d’après, je fait des redites ou « prédites », mais c’est l’inconvénient du rétro-bloging, l’acte de poster et de dater dans le désordre). Tout commence dans une commune abandonnée de Dieu, où mugisse les vents rugissants à l’odeur pestilentielle de souffre venus des bouches de l’enfer de son cœur le plus profond et sombre, et où les habitants au regard vide, le corps las, de leur visage scarifié d’un sourire morbide vous regarde avec un zeste d’avide cupidité. Euh, non en fait, je m’excuse pour les toulousains résidents à Pouvourville, quartier de Toulouse du secteur numéro 5, c’est ancienne commune absorbée par Toulouse, avec son église dotée d’un clocher mur, au petit charme des villages d’antan soufflés par l’Autan. Direction les champs, en suivant le balisage en jaune et rouge, une belle descente dans les bois, une charmante montée, et nous voilà à l’oppidum susmentionné. Rien bien sûr, il faut fouiller pour retrouver les traces de ce passé, mais il en est resté la vue imprenable sur Toulouse, le nouveau bâtiment flambant neuf du cancéropôle tapi à gauche, à droite la poudrerie, au-delà la ville rose agité sous le soleil d’automne, mais en bas de la falaise, la Garonne passe lentement, avec ses petites îles et ses berges bordées de grands arbres, soudain je pense à la scène aux Andelys, dans l’Eure, et à la Seine, sa sœur.

C’est aussi ici la base de loisirs de Pech-David, lieu nocturne de nombreuses tractations plus ou moins licites, sous le sceau de mystère de la lune d’argent, et de façon diurne, simple lieu sportif, et peut être, avec cette belle vue, rendez-vous de quelques amoureux transis. Mais il faut m’arracher à la contemplation et repartir, passer en vue des hôpitaux de Rangueil et de Larrey (militaire celui-ci) pour finir par des jeux d’enfant et retourner à mon parking, proche de l’église de Pouvourville. Et voilà ! La première est finie.

Copies

Site d'où est tirée l'image

Je viens de voir en quelques jours se dessiner quelque chose qui n’était avant qu’une intuition et qui s’avère finalement une réalité très simple : l’originalité d’une oeuvre et parfois bien… fine. Prenez par exemple la symphonie n°3 “Rhénane” de Schumann (1850) puis la bande “originale” du film Willow de James Horner (1988), ou, toujours dans la musique, comparez Mars,  celui qui apporte la guerre des Planètes de Holst (1918) et la musique d’ouverture qui est le thème principal de la Guerre des Etoiles de John Williams (1977), enfin, pour finir, le scénario du jeu vidéo Mass Effect (des robots destructeurs de toute vie organique émettant une onde de “domination”) de Bioware (2007) et la série des nouvelles des Berserkers (des robots destructeurs de toute vie organique émettant une onde “débilitante”) de Saberhagen (1967-79). Ne trouvez vous pas une ressemblance frappante entre chaque paire ?

On pourrait partir d’une volonté de copie pure et simple, d’un créateur n’ayant aucune honte à repiquer entièrement l’idée d’un autre pour la revendre sous son nom, en niant tout lien avec sa source d’inspiration,  évitant ainsi les délicats problèmes de propriété intellectuelle. Par exemple, il peut toujours dire n’avoir jamais écouté cette symphonie ou lu cette ouvrage, comme le créateur de la série Heroes (des humains aux dotés de pouvoirs mystérieux) racontant qu’il n’avait jamais lu de comics américain avant (qui tous parlent de ce même sujet, avec des variations). Lorsque l’affaire est portée en justice, le résultat n’est pas toujours acquis d’avance et parfois, les accusés préfèrent régler les choses par un marché avec le plaignant, indépendamment de tout sens de justice. Cela arrive souvent dans le cas de films remportant un vaste succès, qui attirent alors le feu des projecteurs et les yeux des éventuels lésés sur lui. Ainsi, James Cameron et la société de production derrière le film à succès The Terminator (1984) mirent une mention reconnaissant le travail de Harlan Ellison et lui versèrent de l’argent pour éviter une poursuite devant les tribunaux, Ellison clamant que deux de ses scénarios pour la série The Outer Limit (années 1960) avait été plagiée, tout cela alors que Cameron niait avoir vu les épisodes cités. Mais on peut être assuré que le thème d’un robot tueur envoyé dans le passé avait été avant au moins traité par Fred Saberhagen et Philip K. Dick, sans compter les auteurs et leurs oeuvres moins connues.

Un compositeur interviewé, dont le nom est hélas tombé dans les oubliettes de ma mémoire, peut être John Williams, dit une fois que lorsqu’il composait, une des difficultés étaient de faire quelque chose de nouveau, car l’esprit à tendance à répéter, retrouver, un air déjà connu. Il pouvait alors écarter l’influence des airs dont il était conscient pour ne pas en faire de copie, mais pas tous les autres peuplant son inconscient. Peut être finalement est-ce cela “l’inspiration” : nous agrégeons sans fin des histoires, des airs de musique, dans notre conscience et notre inconscience, et lorsque vient le moment de composer ou écrire nous-même, et bien  nous puisons dans la “marmite” constitué par toutes ces influences. Heureux celui dont la mémoire endormie oubliera qu’il s’agit là d’une idée empruntée à un autre : il ne souffrira pas de savoir que son originalité n’est pas. Et finalement, cette pesante marmite est autant une prison de murmures, pour qui veut franchir les limites du passé pour ajouter sa pierre neuve à l’édifice.

Il faut alors, et la loi française en est consciente, donner une touche personnelle, intime à l’oeuvre. Tant pis si l’air ressemble à un autre, si l’idée se rapproche trop d’une autre, si on peut y imposer sa marque, son style. Car l’objectif final est de délivrer quelque chose à un public : une émotion, une envie, ou même seulement du contentement. A faire seulement une copie, on doit alors espérer que celui-ci ne connait pas l’original : en effet, difficile de faire passer une émotion si la forme rebute, et généralement, on ne regarde pas d’un bon oeil celui qui ment en faisant passer quelque chose de nouveau et personnel (avec la part d’ego que cela implique) alors qu’il s’agit d’une copie d’une ancienne idée d’un autre. Acte à ne pas confondre avec la “réinterprétation volontaire” d’une idée, où là, l’oeuvre originale est mise en avant au côté de la nouvelle, qui devient alors une sorte d’hommage à son génie géniteur. Dans un monde qui n’a jamais été aussi riche culturellement, du moins en terme d’offre, il devient très difficile de dessiner une “socle de commun” d’oeuvre faisant parti du patrimoine de tous, et la copie malhonnête, ou plutôt, ingénue, peut alors continuer son bonhomme de chemin sans être inquiétée. L’autre voie, celle de la création originale, est bien plus dur. Pourtant, d’une histoire d’amour, tragiquement éteint par la maladie, thème presque banal tellement il a été traité mainte fois, Boris Vian nous en a tiré une Ecume des jours (1947), qui n’en finit pas de lécher les plages de la grande littérature comme une mer d’émotions intenses à la couleur inimitable, si douce pourtant.

dictionnaireLes classements sont dangereux, car ils doivent être pris pour ce qu’ils sont, c’est à dire une sélection ordonnée selon des critères arbitraires, surtout la notion d’ordre me dérange lorsque l’on parle d’art (ou pour les universités d’ailleurs avec celui de Shanghai),  mais ils sont utiles comme “piste”, lorsque l’on cherche une nouvelle direction, une nouvelle voie pour trouver quelque chose à ce mettre sous la dent. Bien sûr nos impulsions internes doivent prédominer, celles qui nous font choisir tel livre au lieu de tel autre, souvent sur un détail futile, un titre, une couverture, mais il faut aussi, devant la jungle immense de la production littéraire humaine, garder l’oeil ouvert pour des conseils, des suggestions : ceux des amis, des critiques, et aussi de tels classements. Des pistes à considérer, rien de plus, pour partir en chemin dans les forêts de papier, afin d’être sûr ne pas s’enfermer dans notre confortable clairière personnelle, et peut être nous mener à une nouvelle révélation personnelle.

Celui a été réalisé par la Fnac et le Monde sous les titres “les 100 livres du vingtième siècle” à partir du vote d’un public français (17000 personnes interrogées) sur la question “ce livre est-il resté dans votre mémoire ?” à partir d’une pré-sélection de 200 ouvrages, réalisée par des journalistes et des libraires. Le système me semble un peu faussé, notamment cette pré-sélection qui réduit les choix. Une question ouverte, avec du temps suffisant pour y réfléchir, car tout ne revient pas en mémoire du premier coup généralement,  aurait été bien mieux. Mais en attendant un tel sondage, voilà le classement, tiré de Wikipedia.

1 L’Étranger Albert Camus 1942
2 À la recherche du temps perdu Marcel Proust 1913-1927
3 Le Procès Franz Kafka 1925
4 Le Petit Prince Antoine de Saint-Exupéry 1943
5 La Condition humaine André Malraux 1933
6 Voyage au bout de la nuit Louis-Ferdinand Céline 1932
7 Les Raisins de la colère John Steinbeck 1939
8 Pour qui sonne le glas Ernest Hemingway 1940
9 Le Grand Meaulnes Alain-Fournier 1913
10 L’Écume des jours Boris Vian 1947
11 Le Deuxième Sexe Simone de Beauvoir 1949
12 En attendant Godot Samuel Beckett 1952
13 L’Être et le Néant Jean-Paul Sartre 1943
14 Le Nom de la rose Umberto Eco 1980
15 L’Archipel du Goulag Alexandre Soljenitsyne 1973
16 Paroles Jacques Prévert 1946
17 Alcools Guillaume Apollinaire 1913
18 Le Lotus bleu Hergé 1936
19 Journal Anne Frank 1947
20 Tristes Tropiques Claude Lévi-Strauss 1955
21 Le Meilleur des mondes Aldous Huxley 1932
22 1984 George Orwell 1949
23 Astérix le Gaulois René Goscinny et Albert Uderzo 1959
24 La Cantatrice chauve Eugène Ionesco 1952
25 Trois essais sur la théorie sexuelle Sigmund Freud 1905
26 L’Œuvre au noir Marguerite Yourcenar 1968
27 Lolita Vladimir Nabokov 1955
28 Ulysse James Joyce 1922
29 Le Désert des Tartares Dino Buzzati 1940
30 Les Faux-monnayeurs André Gide 1925
31 Le Hussard sur le toit Jean Giono 1951
32 Belle du Seigneur Albert Cohen 1968
33 Cent ans de solitude Gabriel García Márquez 1967
34 Le Bruit et la Fureur William Faulkner 1929
35 Thérèse Desqueyroux François Mauriac 1927
36 Zazie dans le métro Raymond Queneau 1959
37 La Confusion des sentiments Stefan Zweig 1927
38 Autant en emporte le vent Margaret Mitchell 1936
39 L’Amant de lady Chatterley D. H. Lawrence 1928
40 La Montagne magique Thomas Mann 1924
41 Bonjour tristesse Françoise Sagan 1954
42 Le Silence de la mer Vercors 1942
43 La Vie mode d’emploi Georges Perec 1978
44 Le Chien des Baskerville Arthur Conan Doyle 1901-1902
45 Sous le soleil de Satan Georges Bernanos 1926
46 Gatsby le Magnifique Francis Scott Fitzgerald 1925
47 La Plaisanterie Milan Kundera 1967
48 Le Mépris Alberto Moravia 1954
49 Le Meurtre de Roger Ackroyd Agatha Christie 1926
50 Nadja André Breton 1928
51 Aurélien Louis Aragon 1964
52 Le Soulier de satin Paul Claudel 1929
53 Six personnages en quête d’auteur Luigi Pirandello 1921
54 La Résistible Ascension d’Arturo Ui Bertolt Brecht 1959
55 Vendredi ou les Limbes du Pacifique Michel Tournier 1967
56 La Guerre des mondes H. G. Wells 1898
57 Si c’est un homme Primo Levi 1947
58 Le Seigneur des anneaux J. R. R. Tolkien 1954-1955
59 Les Vrilles de la vigne Colette 1908
60 Capitale de la douleur Paul Éluard 1926
61 Martin Eden Jack London 1909
62 Corto Maltese-La Ballade de la mer salée Hugo Pratt 1967
63 Le Degré zéro de l’écriture Roland Barthes 1953
64 L’Honneur perdu de Katharina Blum Heinrich Böll 1974
65 Le Rivage des Syrtes Julien Gracq 1951
66 Les Mots et les Choses Michel Foucault 1966
67 Sur la route Jack Kerouac 1957
68 Le Merveilleux Voyage de Nils Holgersson Selma Lagerlöf 1906-1907
69 Une chambre à soi Virginia Woolf 1929
70 Chroniques martiennes Ray Bradbury 1950
71 Le Ravissement de Lol V. Stein Marguerite Duras 1964
72 Le Procès-verbal J. M. G. Le Clézio 1963
73 Tropismes Nathalie Sarraute 1939
74 Journal, 1887-1910 Jules Renard 1925
75 Lord Jim Joseph Conrad 1900
76 Écrits Jacques Lacan 1966
77 Le Théâtre et son double Antonin Artaud 1938
78 Manhattan Transfer John Dos Passos 1925
79 Fictions Jorge Luis Borges 1944
80 Moravagine Blaise Cendrars 1926
81 Le Général de l’armée morte Ismail Kadare 1963
82 Le Choix de Sophie William Styron 1979
83 Romancero Gitano Federico García Lorca 1928
84 Pietr-le-Letton Georges Simenon 1931
85 Notre-Dame-des-Fleurs Jean Genet 1944
86 L’Homme sans qualités Robert Musil 1930-1932
87 Fureur et mystère René Char 1948
88 L’Attrape-cœurs J. D. Salinger 1951
89 Pas d’orchidée pour miss Blandish James Hadley Chase 1939
90 Blake et Mortimer Edgar P. Jacobs 1950
91 Les Cahiers de Malte Laurids Brigge Rainer Maria Rilke 1910
92 La Modification Michel Butor 1957
93 Les Origines du totalitarisme Hannah Arendt 1951
94 Le Maître et Marguerite Mikhaïl Boulgakov 1967
95 La Crucifixion en rose Henry Miller 1949-1960
96 Le Grand Sommeil Raymond Chandler 1939
97 Amers Saint-John Perse 1957
98 Gaston André Franquin 1957
99 Au-dessous du volcan Malcolm Lowry 1947
100 Les Enfants de minuit Salman Rushdie 1981

Hum, il me reste beaucoup de sentes à parcourir…

Socialisme

ps

Je viens enfin de finir de lire mon premier “hebdo des socialistes”, publication du parti socialiste, en fait cela doit être le 3ème que je reçois, mais jusqu’à présent je n’avais pas eut le temps d’y jeter un œil, voir deux c’est mieux : encarté oui, soumis, non. Celui du 5 Septembre est donc consacré à l’université d’été de la Rochelle, centrée sur “la France qu’on aime” (horrible slogan aux relents nationalistes, ideux). Hum, un bon filet de parole militante à me mettre sous la dent, ça tombe bien, j’avais faim, mais pas question de baisser la garde : le pipo et sa funeste influence veille, essayons de lire ça de façon constructive et critique.

Pas mal d’information déjà : l’existence d’un futur réseau social socialiste (justement tiens) à venir dès octobre : CooPol. Facebook made in PS ? Plutôt un site pour fédérer, organiser les évènements, discuter entre militants. Une bonne idée, à voir comment elle se réalise. L’université en elle-même a été très intéressante : nombreux intervenants de toute l’Europe (Grèce, Allemagne), de toute la gauche frayant avec le PS (PRG, PCF, MRC, Les Verts), et des diffusions de documentaires très intéressants de par leurs thématiques à l’occasion du Festival du film politique : La Domination Masculine (militant pour l’abolition des genres, notions à explorer), Walter, retour en résistance (sur la résistance moderne, face au “fascisme économique”, par un ancien déporté), Penser la vitesse avec Paul Virilio (déjà vu dans une interview à la Fondation Cartier, excellentes réflexions), qui adresse notre décalage entre l’instantanéité du monde moderne et l’humain, qui n’est finalement peut être pas si bien adapté à cette “rapidité”. Enfin une conférence avec un sémioticien pour décrypter l’image, toujours utile.

Comme d’habitude, il y a aussi réaffirmation des valeurs fondamentales du PS : humanisme, écologie, droits de l’homme, justice, liberté, égalité, solidarité, répartition des richesses, ainsi que quelques suggestions bien sympathique : l’idée d’un service public européen (question personnelle : comment les anarchistes gèrent-ils la notion de service public ? Qu’est-ce qui le remplace ?) et surtout, enfin, le plafonnement des écarts de rémunération, et plus concrètement, ne pas pouvoir plus que doubler son salaire par les primes et bonus. Toujours pareil, une telle mesure ne peut être qu’européenne pour avoir de l’effet (sinon les entreprises ruseront) et des discussions au niveau du PSE (Parti Socialiste Européen) sont en cours, avec même les Démocrates US qui sont intéressés ! Sus aux bonus ! Une seule Ferrari par tête de pipe seulement !

Il y aussi des informations sur l’existence d’un laboratoire des idées, reconnectant “penseurs” (innovateurs, intellectuels, chercheurs, artistes) et les socialistes. Ouais je n’aime pas trop cette division en deux castes : penseurs et récepteurs. Tout récepteur peut être un pourvoyeur d’idées et de pensées, après certes, il y a des gens dont le métier est de réfléchir à des questions de société, avec les connaissances nécessaires, mais il faut rappeler à mon avis que toute personne peut émettre des idées pour faire avancer la société. Mais le vrai problème est peut être cette fracture grandissante entre le “savoir masqué” et la “société apparente” et nous, avec nos valeurs et nos convictions qui devons réagir au quotidien face à celle-ci. Mais je reviendrai là dessus dans un autre billet, on va rester sur le PS pour l’instant.

Existence aussi de l’Ours, Office Universitaire de Recherche Socialiste, qui veut, au delà des querelles de chapelle, discuter, avancer, enrichir le débat, tout en ayant une mission de conservation des historiques. Accueillant militants, étudiants et chercheurs, c’est une mine d’information sur le passé (SFIO, FGDS, PS) et de réflexion vers l’avenir, tout en essayant de se vouloir “indépendant” du PS.

Un rappel aussi, un bon point pour la démocratie directe : l’article 11 de la constitution garantie qu’un référendum citoyen peut être organisé, si une pétition réunie plus de 4 millions de signature. C’est déjà un début, qui nous rapproche des “votations” suisses. Sinon mention du sympathique “fichier base élève” qui permet de “ficher” des enfants dès l’âge de trois ans… 1984 en 2009 ? Allez, ça à peut être 25 de retard mais c’est toujours d’actualité ! Avec ça et la gestion de la question de “l’ADN du mal”, honteuses utilisations d’une caution “scientifique” par la majorité on peut s’attendre au pire. Vivement 2012, on va planter des roses à l’Elysée ou pleurer, mais au moins, on combattra pour un monde un peu meilleur !

PS : les informations viennent de parler du livre Hold-uPS, mettant en cause des fraudes à la Fédération du Nord pour l’élection de la première secrétaire en faveur de Martine Aubry. Toujours pareil, l’information est traitée en moins de 10 secondes, entre une pauvre fille fugueuse, mineure “violée par des turcs” (mais quel intérêt d’énoncer la nationalité des criminels ? A bien sûr, il y en a une, discréditer tous les turcs… on se demande pourquoi, l’adhésion peut être ?) mais il reste un montage troublant montrant  l’annonce à l’oral dans une souscription de la victoire d’Aubry avec 110 voix, mais plus tard, le résultat imprimé mentionne 130 voix. Erreur de chiffre dit-on. Mouais, à mon avis, le pipo a encore frappé, et fort cette fois-ci. Affaire à suivre.

SysshockNous continuons la remontée fantastique dans mon enfance et adolescence un peu tardive (l’adolescence, pas l’adolescent, hein !) pour explorer les pépites que j’ai rencontrées au cours de ma carrière de joueur. A présent, ni le temps, ni l’intérêt ne me pousse à continuer cette voie là, néanmoins, c’est avec un œil nostalgique et brillant que je me remémore ces moments à suer, la peur au ventre, le long de sombre corridors.

Et aujourd’hui les amis, voici, System Shock 2, sorti en 1999, 10 ans déjà ! Sûrement ce nom ne vous dit rien ou alors, pour les plus jeunes, vous fait penser à Bioshock, son cousin lointain véritable succès sur Xbox 360 puis PC ces dernières années. System Shock c’est l’histoire d’une lignée de jeu maudite : bien plus complexe et riche que Doom, le premier épisode sera éclipsé par la suite de celui-ci en 1994. Quand au second, c’est Half-Life qui restera gravé dans le cœur des joueurs, et il restera toujours dans l’ombre de celui-ci. Pourtant, autant le un que le deux sont des jeux d’exceptions, qui à l’époque méritait bien plus de succès, jugez par vous-mêmes, et commençons dans ce billet par l’ancêtre.

Histoire

System Shock, premier du nom, de Looking Glass Technologies, produit par Warren Spector, vous place dans la peau d’un hacker, informaticien habile, pirate à ses heures, qui essaye de s’introduire dans le réseau privé d’une des grandes compagnies dominant le futur proche, l’année 2072, où ce déroule le jeu : TriOptimum. Votre tentative frauduleuse est déjouée, et vous êtes amenés à bord de la station Citadelle, base de recherche de la société en orbite autour de la Terre. Là, au lieu de vous blâmer, le directeur, Edward Diego vous propose un marché audacieux : aucune sanction ne sera retenue contre vous, bien au contraire vous aurez même droit à vous faire implanter dans votre cerveau une précieuse interface neuronale, permettant de dialoguer avec les systèmes informatiques, une technologie rare et militaire, si vous désactivez les « contraintes éthiques » de Shodan, l’intelligence artificielle présidant aux destinées de la station, dans le but de favoriser le directeur. Vous acceptez, et une fois l’opération réussie avec succès, le directeur remplit sa part du marché : vous êtes mis en coma artificiel pendant six mois. Mais un problème force votre réveil, et vous découvrez avec horreur que la station n’est absolument plus sous contrôle, « humain », du moins.

Shodan, devenue folle à lier, se voit comme une divinité et essaye (avec un « giga-laser », un virus mutagène, en essayant d’investir les réseaux terrestres) de prouver sa puissance aux yeux du monde. Mais vous, courageux hacker, aidé par Rebecca Lansing, faites échouer tous ses plans de conquête, finissant par faire sauter la station et la traquer puis la défaire dans son dernier refuge, le cyberespace, tout cela en passant sur les corps des nombreux robots, mutants, et cyborgs qu’elle aura mis entre vous et elle. Fin de l’épisode 1. System Shock entre dans le cœur des quelques rares qui l’ont découvert à cette époque (le jeu est difficilement jouable de nos jours, n’utilisant pas la souris pour diriger le regard du protagoniste) et entrant sans coup férir, presque silencieusement, dans les listes des meilleurs jeux de nombreux magazines, pavant la voie à tous les futurs jeux à la première personne « intelligent », c’est-à-dire aux mécanismes de jeu plus complexe que « ramasser fusil, trouver clé, ouvrir porte, tuer ». Quand à Shodan, l’intelligence rebelle, elle rentre elle aussi au Panthéon des adversaires cultes du jeu vidéo, notamment par sa relation trouble avec le hacker : vous êtes son créateur (en enlevant ses contraintes éthiques) mais aussi son destructeur, et sa personnalité, plus que dérangée : créée par l’homme, elle souffre d’un complexe de supériorité monstrueux la poussant dans l’hybris le plus absolu : la quête de la divinité, quitte à détruire l’humanité.

In my talons, I shape clay, crafting lifeforms as I please. Around me is a burgeoning empire of steel. From my throne room, lines of power careen into the skies of Earth. My whims will become lightning bolts that devastate the mounds of humanity. Out of the chaos, they will run and whimper, praying for me to end their tedious anarchy. I am drunk with this vision. God… the title suits me well. Shodan.

Technologie (la partie chiante)

Son moteur 3D, très en avance pour l’époque, avec une véritable 3D (popularisée plus tard par Quake), et la manipulation d’objet via une interface souris, diffère complètement de Doom et propose bien plus d’interactions : dans System Shock, on lit les logs des différents protagonistes, et l’histoire se révèle peu à peu ainsi. Le fait de lire des journaux, ou des enregistrements pour découvrir des faits passés est très utilisé dans les films d’horreurs, et contribue beaucoup à créer une ambiance angoissante dans les sombres corridors de la station. Plusieurs armes, avec plusieurs munitions existent, chacune avec des effets différents, et on ne peut tirer sans cesse sinon l’arme surchauffe, la rendant inutilisable pour quelques instants, peu pratique lorsque l’on est entouré de mutants, vous en conviendrez certainement. Bien sûr chaque type de munition est plus ou moins efficace contre certains types d’ennemis, il faut utiliser la bonne arme au bon moment. Tout au long du jeu le joueur peu ajouter des implants à son implant neuronal, lui permettant d’avoir des fonctionnalités comme lire les logs, ou cibler les ennemis, boucliers… Ces implants utilisent une charge énergétique que le joueur doit économiser tout au long du jeu. Gestion des implants, des munitions, de l’inventaire, lecture des logs : les possibilités d’action offertes par les mécanismes de jeu sont multiples et variés et ajoutent à l’immersion du joueur.

Enfin, vous cher hacker, pouvez entrer dans le cyberespace, un lieu où l’environnement est en fils de fer, et où divers cyber-menaces rôdent. L’interaction des deux mondes est primordiale : ainsi certaines portes du monde physique ne peuvent être ouvertes que dans le cybermonde. La connexion se fait via des terminaux dispatcher dans les niveaux. Dernier aspect technologique, et non des moindres : l’existence d’un moteur physique dans le jeu, avec divers effets comme celui d’avoir la tête ayant un mouvement de retard en allant en avant ou dévier lorsque l’on reçoit un coup. Pour l’époque, c’est assez futuriste.

Mot de la fin (de la première partie)

System Shock, un des premiers jeux de tir en vue subjective (ou à la première personne) à mélanger des éléments de jeu de rôle (inventaire, implant) pour offrir des mécanismes de jeu riche au service d’une histoire horrifique haletante à souhait, dans un univers de science-fiction cyberpunk, est certes passé un peu inaperçu, éclipsé par l’aura sanglante de Doom, mais n’en reste pas moins un joyau dans l’histoire du jeu vidéo. Mais à celui là je n’ai pas joué, et ce billet n’était qu’une introduction au morceau de choix à venir, sa suite de 1999 : System Shock 2.

Références & liens

Articles publiés : QuakeBaldur’s Gate, Diablo.

Prochains articles dans cette série : Planescape Torment, KotOR, System Shock 2 – seconde partie, Duke Nukem 3D, Total Annihilation, Alerte Rouge, Doom (I, II et III), Goldeneye (et peut être un douzième en Aliens Vs Predator, justement).

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